Exposition Ursula Kraft et Michael Schnabel à la galerie Esther Woerdehoff

La galerie Esther Woerdehoff a l’honneur de vous présenter une exposition des travaux récents (Recent works) de Michael Schnabel et d’Ursula Kraft, deux photographes allemands.

Ursula Kraft

La photographe allemande présentera la suite de sa série Emerentia, dans laquelle elle questionne la dimension du rêve, de la métamorphose, du mythe et du passage de l’enfance à l’âge adulte. L’artiste se sert des paysages et de la symbolique des contes de fées pour représenter un paysage intérieur. En accord avec l’interprétation de C. G. Jung, qui voit dans le conte de fées l’expression du procès psychologique d’un inconscient collectif, Ursula Kraft cherche à représenter en images une dimension introspective, un reflet de l’âme.

“Emerentia donne image à nos mondes introspectifs tout en étant un reflet intuitif de notre âme. Selon C.G.Jung le conte exprime le processus psychologique de l’inconscient collectif. Des personnages mythiques comme le “trickster”, qui fait partie de toutes les cultures, représente la partie sombre de “l’enfant intérieur”, son double ambivalent.

L’archétype de l’enfant errant, de l‘enfant perdu, évoque l’envie irrésistible de donner un nom à cette figure. La cape rouge devient surface de projection pour nos souvenirs, peurs et désirs.
Emerentia retrace dans ces paysages intérieurs un chemin initiatique et fait revivre des scènes de contes. La nature est ici d’une part paisible et nourrissante, comme chez Rose blanche, Rose rouge, et d’autre part un lieu pour des cauchemars et des dangers, comme chez le Petit Chaperon rouge. La Forêt noire symbolise le chaos et des peurs inconscients. Les images, comme les histoires, sont dans leurs symboliques une référence au seuil entre l’enfance et le devenir adulte – la transformation de la fille en femme.

Emerentia évolue dans différents personnages qui sont déjà présents dans le processus de création. Ces différentes directions restent connectées par leur thématique et les histoires sont tissées comme dans une toile d’araignée.
Ainsi Emerentia a de multiples visages et incarne des figures variées. Elle s’habille de beaucoup de vêtements différents : une fois c’est la cape rouge qui la protège comme une deuxième peau (comme chez “peau d’âne”), une fois le kimono rouge qui la couvre (avec le masque blanc du renard chez “Kitsune”, la femme renard asiatique) ou la robe rouge, qui, délicate comme un coquelicot, nous rappelle la vanité, flottante dans l’eau comme une forme sculpturale qui donne l’impression que le corps a déjà disparu. Ici l’iconographie de la jeune femme noyée fait référence à l’Ophelia de Shakespeare dans Hamlet.

Il s‘agit de la présence de la mort – le frère du sommeil, Compère la mort, la mort apparente, la mort de conte, le pressentiment de mort – des transformations, les métamorphoses, des états entre deux, de transition – des mondes de rêve, des pègres et intermondes, des mondes fabuleux – des êtres de fables, la transformation de l’homme à l’animal, des chimères et des personnages féminins.

Michael Schnabel

Avec la série “Stille Berge”, Michael Schnabel photographie les Alpes comme des architectures gigantesques, d’une monumentalité éternelle, perdues dans une nuit silencieuse et polychrome. La nuit permet alors de regarder de l’autre côté, la montagne vidée de son activité touristique négligeable à l’échelle géologique mais qui compromet pourtant un équilibre fragile. Le naturel n’existe plus depuis longtemps, mais on commence juste à s’en apercevoir …

“Photographier les Alpes selon ma propre perception a été un processus créatif qui s’est développé au fil des années. Un jour – ou plutôt une nuit – il y a eu un déclic. Sous le ciel sombre, j’ai découvert la tranquillité que les Alpes n’avaient pas pendant la journée. La nuit et son silence donnent aux montagnes une dimension proche du sublime, le sentiment de la création originelle et un certain détachement que j’ai cherché à capturer dans mon travail.

Le temps d’exposition pour ces images a été d’environ une heure – un contraste frappant avec les images des villes qui ne nécessitent que quelques minutes.
La mise au point ainsi que le cadrage de l’image sur le verre dépoli était un autre problème, car il y avait peu de choses à voir dans ces conditions de faible luminosité. Cela a contribué au fait qu’un bon nombre de prises de vues n’a pas été gardé dans la sélection définitive.” Michael Schnabel

Les montagnes de “White Land” poursuivent cette quête artistique pour rendre palpables l’immensité et la pureté de ces espaces naturels. De nouveau, le photographe allemand tente de sonder les frontières entre la photographie et la peinture.

Galerie Esther Woerdehoff
36, rue Falguière
75015 Paris
mardi-samedi, 14-18h

Exposition gratuite du 21 mars au 5 mai 2012.

Site internet : http://www.ewgalerie.com

© Ursula Kraft. Courtesy Galerie Esther Woerdehoff

© Michael Schnabel. Courtesy Galerie Esther Woerdehoff



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